Deux jours après Bakou, le constat de Serhou Guirassy tient en un mot. Interrogé par DAZN sur ce qui manque encore au Borussia Dortmund, l’attaquant a répondu : « Je dirais la constance. C’est la différence au plus haut niveau. Les meilleurs joueurs sont constants chaque semaine. » La phrase surprend, après un doublé qui a sorti le BVB de trois matches sans victoire. Elle décrit pourtant assez bien une équipe qui n’a pas le même visage selon la compétition.
Sept buteurs en Bundesliga
En championnat, Dortmund est invaincu après six journées : quatre victoires, deux nuls, 14 points et une deuxième place derrière le Bayern Munich, à la différence de buts. Les onze buts marqués se répartissent sur sept joueurs. Serhou Guirassy et Fábio Silva en comptent deux chacun, comme Felix Nmecha. Giannis Konstantelias, Maximilian Beier, Daniel Svensson et Nico Schlotterbeck ont marqué une fois ; un but contre son camp d’Albian Hajdari, défenseur de Hoffenheim, complète le total.
La défense raconte la même histoire : quatre buts encaissés en six matches, le meilleur bilan du championnat devant le Bayern (cinq). Dortmund gagne sans dépendre d’un seul homme, et gagne sans encaisser.
Cinq buts en C1, quatre de Guirassy
En Ligue des champions, le tableau se resserre. Cinq buts en trois matches, dont quatre pour le numéro 9 : deux contre Villarreal le 8 septembre, dont un penalty à la 85e minute, puis deux à Bakou, aux 10e et 53e. Le cinquième est un but contre son camp du défenseur de Villarreal Renato Veiga. Guirassy pèse ainsi quatre des cinq buts européens du BVB, soit 80 % de la production, contre deux des onze en Bundesliga.
La dépendance a un prix. Entre le 12 septembre et le 17 octobre, l’attaquant est resté cinq matches sans marquer. Dortmund a pris huit points sur quinze pendant cette traversée, avec deux victoires, deux nuls et une défaite à Bodø/Glimt. Sans son buteur, l’équipe garde sa solidité, mais elle perd son dernier geste.
Ce que la constance veut dire
« Les dernières semaines ont été difficiles. C’est pourquoi il était important de gagner aujourd’hui. C’est ce dont nous avons besoin », a ajouté Guirassy, qui a aussi reconnu les occasions manquées à Bakou : « Bien sûr que je suis content de la victoire, mais nous avons gâché quelques occasions. Au final, c’est un bon résultat. »
Son diagnostic vaut aussi pour lui. Après quatre buts inscrits entre le 29 août et le 8 septembre, il a traversé cinq matches sans marquer avant de signer un doublé à Bakou, aux côtés de Fábio Silva. Le détail de son total européen, qui le place parmi les meilleurs buteurs du continent, est à lire dans notre article de mercredi.
La réception de Francfort, samedi à 18h30, dira si Bakou a lancé une série. L’Eintracht est onzième avec huit points et seize buts encaissés, l’un des bilans défensifs les plus lourds du championnat. « Si nous y arrivons, nous pouvons accomplir beaucoup de choses cette saison », a conclu l’attaquant. Le calendrier offre vite une réponse : le déplacement à Munich le 31 octobre, puis le Real Betis en Ligue des champions le 4 novembre.
